De vous à moi et vice-versa

17. mai, 2020

Le billet précédent aborde un sujet tellement vaste, que j’ai ressenti la nécessité de rebondir dessus. Au fond, si on ramène à l’essentiel, il s’agit du futur, qui est forcément un sujet d’inquiétude, de débat et de polémique. J’ai essayé de le faire sentir avec cette conclusion, sans doute un peu trop hâtive. A ma décharge, je dois dire que ce n’est pas ma spécialité : un historien a plutôt tendance à regarder en arrière qu’en avant.

 

Cela dit, l’histoire doit aussi servir d’enseignement pour le futur, dans la mesure du possible. Même si on sait qu’il est très rare qu’elle se répète, elle contient toujours des éléments qui peuvent être instructifs pour l’avenir.

 

Etienne Klein possède une maestria pour mettre ces éléments en exergue. Est-il encore nécessaire de le présenter ? Il est physicien, Docteur en philosophie des sciences, expert en physique des particules… Il est aussi un conférencier et un vulgarisateur hors pair : ses discours sont toujours au coeur du sujet, tout en restant parfaitement accessible.

 

Aujourd’hui, je vais donc servir de relai et m’effacer devant lui pour aborder le sujet du futur, car il le fait bien mieux que moi. La vidéo que je propose est une de ses conférences, datée de 2017. Il y soulève nombre de questions fondamentales, voire cruciales. Au point que je crois bon de la porter à la connaissance des lecteurs de ce blog.

 

Si vous avez été intéressé par mon billet intitulé De la science au complotisme délirant (octobre 2017, un peu plus bas dans cette même rubrique), vous le serez forcément par le contenu de cette conférence.

 

Pour vous mettre l’eau à la bouche, il introduit sa conférence en faisant un constat : celui qu’entre 2007 et 2012, un mot a complètement disparu de la campagne électorale. Le mot "progrès". En 2007, il a été prononcé par tous les candidats, qui le revendiquaient de façon plus ou moins forte. En 2012, il a totalement disparu des discours et a été remplacé par le mot « innovation ».

Or, ces deux mots n’ont pas le même sens...

 

Pour regarder la vidéo, cliquer ici

 

 

(crédit photo : wikipedia)

10. mai, 2020

Une connaissance a récemment porté à mon attention un extrait de vidéo, dans lequel Gilles Deleuze (1925/1995) exprime un avis sur l'art et le rapport qu'il peut y avoir avec les sociétés de contrôle.

Je vous livre les réflexions que cette vidéo a fait naître en moi.

 

Je ne connais Deleuze qu’à travers Michel Onfray : il le cite souvent, c’est une de ses références. Onfray est un philosophe très prolifique. Ses travaux sont d’une richesse incroyable. Il déconstruit, apporte des éléments nouveaux sur les sujets, met à jour des aspects qui sont restés dans l’ombre. Je le trouve un peu moins attractif, cependant, depuis quelques temps déjà : depuis que j’ai perçu chez lui, (sous tout le reste) un je-ne-sais-quoi, une amertume qui ressemble à une forme de rancoeur après je-ne-sais-qui. Ce trait de caractère sous-jacent, palpable pour tous ceux qui l’écoutent, lui fait malheureusement perdre, selon moi, un peu de crédibilité.

 

C’est un peu la même chose que je ressens en écoutant ce discours de Deleuze. Il y a beaucoup de profondeur dans ce qu’il dit et j’adhère totalement au fait que l’oeuvre d’art possède un lien étroit avec un acte de résistance. Cependant, il me semble que son analyse omet plusieurs aspects. Je trouve un peu réducteur le fait de ramener la communication à la seule transmission d’information – à moins de le prendre au sens scientifique du terme. Mais dans ce cas, l’art est concerné au même titre que le reste.

 

Il existe plusieurs degrés de communication. Au moins deux : celui qu’on utilise quotidiennement pour échanger avec son entourage et celui qui est utilisé pour parler à la masse. Entre les deux, on doit pouvoir en trouver d’autres, mais je vais m'en tenir à ces deux-là.

Dans le premier degré, il n’y a pas que l’information qui circule. Il y a (outre des banalités) des émotions. Affection, offuscation, humour, étonnement, etc.

Le second degré est plutôt dénué d’émotion. Ce ne sont pas des émotions pures qui circulent à travers la presse, la publicité, les différents « communiqués » émanant des autorités. Tout au plus peut-on dire que ces informations servent souvent à générer de l’émotion et c’est en ce sens qu’il y a une tentative de contrôle.

Or, Qu’est-ce que l’art ? Il y a sans doute plusieurs définitions existantes. Celle qui emporte le mieux mon adhésion : les arts sont des supports qui véhiculent de l’émotion pure. Un artiste est quelqu’un qui restitue, qui exprime une émotion. Il en offre une représentation, une matérialisation. L’acte de rébellion contenu implicitement dans l’art est celui de résister aux émotions qu’on veut nous faire ressentir, pour que d’autres en émergent, de façon autonome. Tous les artistes sont dotés d’une forte personnalité, en plus du talent qui leur est propre. De ce point de vue, l’art fait donc partie intégrante de la communication, en transmettant de l’émotion. A l’échelle de la société, c’est son rôle. Cet aspect demanderait, d’ailleurs, à être développé.

En tout cas, il me semble négligé dans le discours de Deleuze, ce qui le ternit un peu. Car alors, ce n’est plus une analyse objective, mais orientée.

 

Tout humain évolue et je n’ai pas suivi l’évolution de Michel Onfray (il faudrait y consacrer une vie !). Je ne sais donc pas où il en est avec ce constat aujourd’hui.

En ce qui me concerne, ma propre évolution personnelle va vers un dépouillement, de plus en plus accentué, dans ma façon d’observer les choses et événements : la politique, autrefois très partisane, s’efface de plus en plus en moi, au profit d’un regard que j’essaie de rendre plus objectif, plus global. Cela reste de la politique, dans son acception la plus pure.

Dans cette optique, je remet systématiquement ce que je lis/écoute en question, car je considère que la vraie liberté commence par la liberté de penser. Ce qui me fait voir les travers, même chez ceux avec lesquels j’ai le plus d’affinités : les philosophes comme Onfray et Deleuze sont intéressants et utiles, mais ils ont leur faille aussi. Et parfois, j’en arrive à penser que ces failles en eux-même (frustration, rancœur ou autre ?) sont la source de cette contestation qui est leur trait de caractère. Ce qui la décrédibilise un peu.

A toujours dénoncer ce qui vient "d’en haut", à toujours le rejeter, ils y perdent forcément en crédit.

 

Ce qui amène à une autre question, un autre débat : en admettant que l’humanité atteigne un jour une société parfaite :

1) Que serait-elle ? Est-ce vraiment envisageable ? Comment le saurait-on ?

2) Ils donnent parfois l’impression qu’ils la contesteraient encore : Deleuze décrit la société de contrôle comme une société sans « enfermement » (école, prison, etc.) Mais si on prend ces propos à rebrousse-poils, (comme ils le font tous deux systématiquement) : est-ce qu’on ne s’approcherait pas là d’une société « idéale » ? Une société où la liberté serait maximale, mais où ceux qui gouvernent auraient cependant besoin d’outils et utiliseraient la technologie pour le faire ?

Cela impliquerait-il forcément une société semblable à celles décrites par Huxley ou Orwell ? Leur œuvre, éminemment respectable, doit servir d’avertissement et de contre-exemples. Elles sont devenues des références auxquelles on pense, dès que ce genre de sujet est abordé. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse ; en faire des repoussoirs ou des épouvantails pour refuser le futur.

3) La communication se réduit, selon lui, à « un mot d’ordre, qui dit ce qu’ils veulent que l’on croit ». En parcourant les réseaux sociaux aujourd’hui, je n’ai pas le sentiment que c’est une pleine réussite pour ceux qui nous gouvernent… Personne n’est dupe et ça ne date pas de la pandémie ! En revanche, tout le monde n'aurait-il pas tendance à penser que son voisin l’est ?!…

 

(crédit photo wikipedia)

6. juin, 2019

Ami lecteur, bonjour.

 

C’est un beau jour : le site vient de passer le cap des 20 000 visites.

Ce chiffre démontre que l’intérêt pour la culture est toujours vivace, car il est très honorable pour un blog qui n’est guère moins confidentiel que l’année dernière. Je tiens à vous remercier vivement : lecteur assidu ou occasionnel, passionné ou simple curieux, vous contribuez tous à ce succès d’estime !

J’en profite pour préciser que les mentions « j’aime » (signalées par un pouce) sont totalement anonymes, y compris pour l’administrateur. N’hésitez pas à vous en servir et manifester ainsi votre goût pour tel ou tel sujet.

Les commentaires peuvent être fait à partir d’un pseudonyme. En revanche, ils sont plutôt limités dans leur nombre de caractères. Vous pouvez les utiliser pour quelques phrases courtes qui accompagneront les articles. Mais si le contenu est plus consistant, il est préférable de m’adresser un mail, via le contact indiqué : je m’engage à publier chaque mail reçu et à y répondre. Cette rubrique est faite pour ça.

 

Les remerciements sont souvent un peu léger s’ils se contentent de se manifester par quelques mots hâtifs.

Pour vous montrer ma reconnaissance, j’ai souhaité ne pas m’en tenir seulement à quelques mots. Je vous invite à une visite virtuelle et commentée d’un monument lyonnais, qui commence à me devenir familier.

A travers une petite vidéo/diaporama de 9 minutes (une fois n’est pas coutume), je vous la présente de façon simple, courte et, tout à la fois, sérieuse. J’espère que cette présentation vous donnera envie de la voir « en réel », lorsque vous en aurez la possibilité.

 

Place aux images !

https://www.ledauphain.fr/442310359

16. avr., 2019

 

Notre-Dame : une icône brûlée, le pays défiguré.

 

Les amoureux du patrimoine sont en deuil, les amoureux de leur pays pleurent. Les lyriques épanchent leur mal-être avec de l’encre virtuelle. Les puritains donnent des leçons, les revanchards réclament des responsables, voire des coupables, bref des têtes. Des hommes d’affaire se frottent probablement déjà les mains en songeant aux touristes qu’ils vont récupérer chez eux, ou aux travaux qui auront lieu.

 

Ce monument présentait nombre de caractéristiques extraordinaires. L’une d’elle était qu’on pouvait la connaître sans l’avoir visité. Qui n’en a jamais – au moins ! - entendu parler ?

C’est mon cas : à chaque fois que je montais à Paris, l’affluence me rebutait et je reportais à la fois suivante… Il va sans dire que je le regrette amèrement aujourd’hui. C’est une piètre consolation de se dire que je ne suis probablement pas le seul… Mais comment aurait-on pu prévoir un tel désastre ?

Car même reconstruite à l’identique, ne nous leurrons pas : ce ne sera plus tout à fait la même. Construction et restauration sont deux choses différentes. Sans parler du fait que ces pierres ont « vu » passer devant elle des générations de parisiens depuis plus de 850 ans. Selon la façon de compter (20 ou 25 ans par génération), cela nous donne entre 34 et 43 générations qui sont venus se recueillir entre ses pierres, les contempler, les admirer…

 

Nous avons un président qui souhaite gouverner le pays façon décideur/hightech/disruptif. La politique classique est vraiment so boring.

Il y a là, pourtant, matière à un véritable grand débat, avec un vrai sujet. Il a lieu, d’ores et déjà, sur le net, de façon très active : faut-il ou non la reconstruire ? Le pays est sensé manquer d’argent, au point que l’on ponctionne les personnes âgées sur leur retraite, que l’on vend des entreprises nationales, que l’on organise un loto du patrimoine !… Pour avoir la confirmation, à peine l’incendie éteint, qu’il y a bel et bien de l’argent pour restaurer.

Quant il s’agit d’expliquer ma vision du fonctionnement démocratique, j’aime assez faire un parallèle (audacieux mais explicite) avec le fonctionnement d’une association loi 1901 : tout le monde s’assoit autour d’une table, présente ses arguments. Et, à la fin du débat, il y a vote pour prendre une décision. En cas d’égalité, la voix du Président (rappelons qu’un président sert à présider, et que, si l’on souhaite en changer, il faudrait commencer par revoir des textes fondateurs) est déterminante. Seulement dans ce cas.

 

 

 

16. déc., 2018

Cher ami lecteur,

 

Je me dis souvent que ce blog doit donner l’impression que le Dauph’Ain est en sommeil. Il n’en est rien et c’est même tout le contraire. Je profite d’un bref répit au milieu de l’effervescence pour faire le point sur l’évolution des choses avec vous. La fin de l’année est toute indiquée pour faire un bref compte-rendu des derniers événements.

Au mois de juin dernier, je me lançais dans une activité de service à vocation commerciale (il faut bien vivre…) J’en ai déjà fait la promotion sur ce blog : il s’agit, à l’aide d’un triporteur électrique, de faire du transport de personnes en proposant deux services distincts : des trajets de taxi et des visites guidées.

Depuis lors, et c’est très récent, j’ai acheté mon propre vélo-taxi et suis totalement indépendant : auparavant, bien qu’ayant un numéro de Siret, j’étais rattaché à la société Cyclopolitain par le fait qu’elle louait les triporteurs et chapeautait l’activité. Cette société a décidé de cesser la location pour se consacrer uniquement à la fabrication et à la vente de ces véhicules. S’il fut agréable de travailler en collaboration avec elle, il n’en a pas moins fallu tourner la page et prendre en charge ce dont elle s’occupait auparavant.

Je passe sur les détails, mais ce qui devient compliqué, ce sont les appellations. Cette activité se déroule exclusivement sur Lyon. Or, si je lui donne le nom de « Dauph’Ain » cela va présenter un double inconvénient : ne pas évoquer le service en lui-même et ne pas « interpeller » les lyonnais. Même voisin, le département de l’Ain reste, aux yeux des lyonnais, lointain et en-dehors de leurs préoccupations quotidiennes. Le Dauph’Ain n’ayant pas l’ambition de se limiter à cette seule activité (même si c’est la principale actuellement), j’ai donc décidé de choisir un nom différent pour ce service spécifique, qui s’appellera « Taxiguide urbain ». Pour l’heure, je travaille sur le logo, les cartes de visite, etc.

Dès lors, le défaut qui apparaît est l’accumulation de noms, propre à désorienter le lecteur : l’adresse web (« audamaric »), le nom du blog et de l’entreprise (« le Dauph’Ain »), le nom du service lyonnais (« Taxiguide urbain »). C’est une raison de plus de modifier l’adresse du blog, chose déjà évoquée en page d’accueil et j’espère pouvoir le faire au plus vite.

Prochainement, une page sera probablement consacrée à Taxiguide urbain dans ce blog, sur facebook et peut-être même un site spécifique. Si l’on ajoute les formalités d’assurance, la recherche d’un garage, la prise en charge de la maintenance du véhicule, le travail en lui-même (et j’en passe…), vous conviendrez que j’ai de quoi m’occuper. Cependant, je ne souhaite pas m'en plaindre, car c’est une aventure passionnante.

 

Je profite de ce billet pour dresser un rapide bilan de l’année 2018. Il découle des paragraphes précédents qu’il est satisfaisant, a fortiori si l’on ajoute la bonne fréquentation du blog et les différents sujets qui ont été traités à travers ses pages.

Un bémol à ce satisfecit peut être mis sur le fait que les objectifs fixés, n’ont pas été atteints : plusieurs sujets n’ont pas encore fait l’objet d’un article comme je le souhaitais. On peut ajouter que cette « prise d’indépendance » se fait sur un fond de contestation sociale accentuée. Ce n’est pas le meilleur contexte pour démarrer sainement mais il n’y a guère le choix.

 

Pendant que j’y suis, un petit mot sur le mouvement des gilets jaunes. J’ai personnellement été déçu par le motif qui en est à l’origine. Il est impossible de se préoccuper d’environnement et de s’opposer en même temps à une hausse des carburants fossiles. Cependant, il y a des bonnes surprises : il a été possible de constater, très rapidement, que c’était l’arbre qui cachait la forêt en matière de contestation. La forte participation, la persévérance, en sont d’autres. De plus, rien n’est encore terminé. Le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure du mécontentement, mais les gilets jaunes sont-ils audibles sans être structurés ? C’est sans doute à la fois leur force et leur faiblesse : le peuple a décidé de s’affranchir de toute structure pour exprimer sa colère. Mais de cette manière, trop de voix la représentent et elles s’annulent les unes les autres, se marchant dessus, se contredisant sans aucune logique. Les syndicats sont conçus pour utiliser les phénomènes de masse comme celui-ci, dans le but de négocier ! Comment négocier sans représentants légitimes (et donc élus) ? En s’affranchissant d’eux, il ne reste que les foules qui défilent, les actes efficaces et ceux qui le sont moins, ainsi que les perturbateurs de tous poils et les violences associées. Cependant, il serait hypocrite de dénoncer le vandalisme et la violence sans dénoncer celle, psychologique, dont le gouvernement a trop souvent pris l’habitude de faire preuve, à travers ses discours et ses décisions.

 

MB